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CaTardieu
Bien le bonjour les z’amies-z’amis !
Connaissez-vous Jean Tardieu, le poète ? Nous nous sommes offert un petit logiciel qui devrait nous permettre, du moins quand nous saurons l’utiliser, de faire des petites animations parlantes avec les héros facétieux, fruits de notre imagination :) Le programme s’appelle “Crazy Talk” et je l’ai testé en faisant dire à un gentil Minou “La môme néant” de Tardieu. Soyez bien attentifs, c’est du very-short-métrage !
On essaiera de faire mieux la prochaine fois… Chanson d'automne sauce OulipoteL’été a cessé d’être : On ne peut être et avoir été. ![]() à NiNNe L’automne te donne ton ton Ravi santon Tontaine tonton Le jour décline Santonine ![]() CHANSON D’AUTOMNE D’Aubagne dont la belle s’échappa Bel et bien échappée belle D’Aubagne dernière nouvelle L’automne est là L’automne sous la tonnelle Est de feuilles rubis jonché L’automne entonne-t-elle L’automne est là Antonella Anton est là Sous la tonnelle Chantant tonnant a capella Les feuilles mortes se ramassent à la pelle Agrippa a la grippe A Ha! Hache un haineux à cet appel Brûle un chat pelé en chapelle On en est là Anton est là Sous le pont Mirabeau je demeure Vienne la nuit passe-moi le beurre Le confit turc de Mirabeau La confiture de mirabelles La Pauline erre et le Rein boit Verlaine passe Boîte un ver d’oie Nos jours s’en vont si monotones Sonne automne sonotone Fais-donc passer le Nutella Antonella C’est le début de l’automne Quand il rougeoie Automne roux automne joie Suivra l’automne qui maronne Et vire au noir Anton noir ![]() Envoi: Nandou Votre cadeau CataLa Page à Plagier ! Vous aussi vous aimeriez avoir un beau billet romantique et scintillant … Vous en rêviez, Cata l’a fait ! Devenus experts dans le décollage/collage et le détournement, ils ont conçu ce beau poème dans lequel ils ont mis tout leur cœur et leur talent littéraire …avec un espace libre au-dessous pour signer de votre plus joli pseudo . Le geste est généreux et l’œuvre est toute en subtilité et émotion . Copiez, personnalisez … et faites rougir de jalousie vos copines !
La Chanson du Mal Aimé. Guillaume Apollinaire
La Chanson du Mal-aimé G. Apollinaire
Nandou
La Chanson du Mal-aimé G. Apollinaire
(…) Voie lactée ô sœur lumineuse
(…)
Juin ton soleil ardente lyre Les dimanches s'y éternisent
Moi qui sais des lais pour les reines Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918) 8 Mars, journée d' une femme: Leslie Kaplan
Plus qu' une écriture, la voix de cette femme, de celle-là.Leslie Kaplan trouve les mots qui touchentà l' endroit juste et si improbable où nous avions besoin de les trouver.Si vous ne connaissez pas encorelaissez vous porter par cette voix de femme,Par sa voix.
Nous l'avons découverte par ce livre d' amour (un livre d' amour n' est pas forcément mièvre).
Et voici un texte "Consommations" trouvé en accès libre .Vous nous direz si vous n' avez pas vous aussi le sentimentde lire enfin une très grande écrivaine contemporaine.
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je vais souvent au Monoprix Une fois j'ai vu dans un magazine une femme qui me ressemblait. Juste un peu, mais elle me ressemblait. Ça m'a fait un effet pas possible. Pourquoi elle me ressemble, je n'arrêtais pas de me répéter ça, pourquoi elle me ressemble. Je la regardais, je notais des détails, je remarquais une chose ou une autre, elle avait un pli au coin de la bouche, moi j'ai le même, je ne sais pas si d'autres pourraient le remarquer, mais moi je le sais, je le remarquais, et aussi la couleur des cheveux, c'est le même brun, enfin, je crois, en tous cas je le sentais pareil, et je n'arrêtais pas de me dire ça, pourquoi elle me ressemble, pourquoi cette femme me ressemble. À la fin je devenais folle. Je n'en pouvais plus, je l'ai raconté à ma meilleure amie, elle a écouté, elle m'a dit, mais tu te demandes pourquoi elle est dans le magazine, et pas toi, c'est ça que tu te demandes, cettte femme te ressemble et elle est dans le magazine, c'est ça qui te perturbe, et là ça m'a arrêtée, je me suis dit, oui c'est vrai, elle est dans le magazine et pas moi, c'est pour ça que ça me perturbe. C'est vrai que je ne voyais pas ce qu'elle avait fait pour être là dans le magazine, être là à me ressembler. Ça m'a un peu calmé. Mais après ça m'a repris. Pourquoi elle et pas moi, pourquoi elle est dans le magazine et pas moi, en fait elle n'avait rien fait de spécial, elle était juste dans le magazine, je ne sais plus qui c'était, elle était mariée, elle avait des enfants, elle avait un problème de santé, je ne sais plus, elle était là dans le magazine, et plus j'y pensais, plus ça me rendait malheureuse, elle me ressemblait, pourquoi elle était dans le magazine et pas moi. Son nom était marqué, mais ça ne me disait rien, je ne la connaissais pas, je ne sais pas qui la connait, mon amie ne la connaissait pas, personne la connaissait mais elle était là, elle me ressemblait et ça me rendait malheureuse. On est dans la société du bonheur et on est malheureux. Tous les jours, tout le temps, il y a des raisons d'être malheureux. Quand on travaille. Quand on ne travaille pas. Quand on a des enfants. Quand on n'a pas d'enfants. Et la santé. Et les vacances. On a tous les jours des raisons d'être insatisfait, malheureux, mécontent. Et là. Cette femme qui me ressemblait, dans le magazine, je ne sais pas pourquoi, ça m'a explosé à la figure. Vous voulez savoir ce que c'est, la sexualité industrielle de masse? Vous vous demandez ce que ça peut être? Je vais vous raconter l'histoire d'un ami d'enfance, André. André, je le connais depuis toujours, on est allé à l'école ensemble. Comme tout le monde, il a fait beaucoup de sexpériences. Pardonnez le jeu de mots, c'est le sien. Il a essayé les femmes, mais il se demandait s'il n'aimait pas mieux les hommes. Il a essayé les hommes, mais il n'était pas sûr de ne pas préférer les femmes. Il a cherché l'amour romantique, l'amour simple, mais c'était compliqué. Il a voulu connaître d'autres horizons, l'amour exotique, mais il en est revenu. Il a expérimenté les clubs et les groupes, les marginaux et les bourgeois, les plaisirs et les douleurs, jamais les enfants, notez bien, il gardait des principes, mais c'était très très fatiguant. Une fois il m'avait dit, ça m'avait frappé, je fais tellement de choses, je cherche, on ne peut pas dire que je ne fais pas d'efforts, je cherche, je me donne beaucoup de mal, je veux trouver... mais finalement, avait dit André, ça m'est venu comme ça une fois et maintenant j'y pense tout le temps, finalement j'ai la même sensation que j'avais à l'école quand je copiais. La même sensation. Copier c'est un travail, il avait dit, je trouve qu'on ne reconnaît pas suffisamment que les enfants qui copient font vraiment des efforts. Moi j'étais assis à côté du gros Louis, tu te souviens, il était bon en tout, et souvent je regardais sa feuille, d'ailleurs il était brave, un camarade, il me la montrait, sa feuille, et je recopiais. Et quand on corrigeait j'étais complètement excité avant d'avoir ma note, combien j'allais avoir, et bien sûr si on allait voir que j'avais copié. Et j'avais une bonne note et ça retombait. Je m'en fichais. Eh bien là, c'est pareil... Je m'excite comme un fou, je me suis toujours excité comme un fou, tout ce que je connais pas, surtout si c'est un peu interdit, ça m'excite, j'essaye ceci, j'essaye cela, je fais ceci, je fais cela, je bande, je jouis, remarque je ne suis pas impuissant, c'est toujours ça, et après... C'est comme à l'école. Le devoir, ce n'était pas le mien, et même si j'avais tout bon, bien sûr ce n'était pas moi... Est-ce que je copie quand je fais l'amour ? C'est moi, quand même. Mais je me demande. Tout le monde, ou presque, reconnait que l'industrialisation effrénée, sauvage, causée par le désir de profit de quelques uns, a beaucoup détruit et continue à détruire la Terre, l'espace matériel commun de la Terre. Forêts, mers, atmosphère, espèces animales et végétales... Mais il faudrait tout de même que l'on commence à prendre aussi au sérieux l'autre forme de cette destruction, la destruction de l'espace mental commun, l'espace public. Tout ce qui est mis en circulation, ou presque, comme oeuvre, travail de pensée, projet, devient anecdote. Et devant une anecdote, il n'y a rien à dire ni à penser, mais seulement à rester là, passif, assis. Pas d'objet, pas de question, on est seulement devant une affirmation vide et agressive, sauvage, Moi c'est moi, et toi, tais-toi. Tu mangeras sainement, ah comme tu y penseras. (les textes “la sexualité industrielle de masse” et “Sade à la télévision” sont adaptés des Amants de Marie ) Consommations / Leslie Kaplan Rimbaud et moi ..." Je est un autre" écrivait Rimbaud...Pas étonnant alors qu' il soit à ce point moi-même, intimement. Je l' ai rencontré encore enfant, sur les bancs de l' école primaire quand je récitais Le Dormeur du Val, appris par cœur. D' intuition je goûtai déjà à la magie et à l' originalité de ce poème bien difficile à apprendre avec ses rimes qui échappent à la métrique et au rythme de l' alexandrin par le jeu des enjambements, rendant le travail de la mémoire si ardu. Je le retrouvai des années plus tard, adolescent, mêlant et emmêlant ses mots à la trouble ambiguïté de mes dix-sept ans puis, enfin, rendu au seuil de l' âge adulte, j' en fis un compagnon de route qui ne m' a plus quitté. On m' offrit un beau livre de ses œuvres poétiques, d' un format généreux. Je le posai sur un petit chevalet , devant la fenêtre de ma chambre et chaque fois que m' en venait l' idée je l' ouvrais sur une page nouvelle, prise au hasard . Je lisais et relisais le poème sur lequel mon dérisoire destin s' était posé... Le temps a passé, la couverture a fané. Rimbaud restera, je suis passé. ... Il y a quelques années, j' ai participé à une exposition sur le thème de l' autoportrait. Voici trois photos de l' assemblage d' objets que j' y avais présenté. Rimbaud: un chantier !
Je me suis mis en tête de réaliser un diaporama-poème sur Le Dormeur Du Val de Rimbaud comme je l' ai déjà fait en partant d' une poésie de Wislawa Szymborska. Mais cette fois, je veux peindre moi-même toutes les images en utilisant le logiciel "Corel Painter". Ce n' est pas une petite affaire: il faut compter de 1 heure à parfois 5 ou 6 heures pour chaque image !Au moment où je suis rendu, j' ai peint les images pour le générique et le premier quatrain. Pour vous faire patienter, je les poste ici. J' ai réalisé les peintures à partir de photographies trouvées sur la toile. À vous de juger.
à suivre ... Les plus beaux poèmes au monde
"Objets inanimés, avez-vous donc une âme Qui s' attache à notre âme et la force d' aimer ?" A. de Lamartine Ce livre a une âme dans laquelle on lit à livre ouvert :
Les plus beaux poèmes aux monde sont pour nous ceux de Wislawa Szymborska, poétesse polonaise, prix Nobel de littérature 1996. Pour rendre hommage à cette belle et généreuse personne j' ai mis en images et dit l' un de ses poèmes . On peut voir cela dans la vidéo ci-dessous: "Oignon" (titre original: "Cebola"). Nandou Oignon L’oignon c’est pas pareil. Nous: étranges et sauvages
à peine de peau couverts, enfer tout enfermé, anatomie ardente, et l’oignon n’est qu’oignon, sans serpentins viscères. toute en et cætera. Entité souveraine et chef-d’œuvre fini. L’un mène toujours à l’autre le grand au plus petit, celui-ci au prochain et puis à l’ultérieur. C’est une fugue concentrique L’écho plié en chœur. L’oignon, ça s’applaudit: le plus beau ventre sur terre s’enveloppant lui-même d’auréoles altières. En nous: nerfs, graisses et veines mucus et sécrétions. On nous a refusé l’abrutie perfection. Traduction Piotr Kaminski
Je vous livre encore un de ses poèmes, que je compte pour un pur joyau, en vous invitant, si vous ne les connaissez déjà, à aller à la rencontre de ces textes qui offrent le partage en consolation, faute de ne pouvoir fournir de raison.
UN CHAT DANS UN APPARTEMENT VIDE
Mourir. On ne fait pas ça à un chat.Car que voulez-vous qu' il fasse maintenant, le chat,dans un appartement vide ?Grimper au mur.Se frotter aux meubles.Rien n' a changé semble-t-ilet pourtant rien n' est pareil.Rien n' a été déplacé,et pourtant rien n' est à sa place.Et même le soir, la lampe ne s' allume plus.
On entend des pas dans l' escalier,mais ce ne sont pas les bons.Et la main qui met le poisson dans l' assietten' est pas la même qu' avant.
Quelque chose ne commence plusà l' heure où les choses commencent.Quelque chose ne s' accomplit pluscomme les choses devraient.Quelqu' un était là, qui y était toujours,puis, soudain il a disparuet s' obstine à ne plus être du tout.
On a fouillé toutes les armoires.Parcouru tous les rayons.On s' est faufilé sous le tapis, au cas où.On a même violé l' interditet fichu la pagaille dans les papiers.
Que reste-t-il à faire désormais ?Dormir et attendre.
Mais qu' il revienne seulement,qu' il se montre tout à coup.On lui fera savoirque cela ne passe pas avec un chat.On avancera vers luicomme si on ne voulait pas,lentement,sur des pattes fières et boudeuses.Et pas question de petits sauts, de petits miaous, au début.
À celui que j' aime
Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans de cela. Nous survivions alors l' un comme l' autre dans un état de léthargie qui maintient le corps en vie alors que l' âme l' a comme à jamais quitté. Survivre ainsi n' est pas si difficile, cela n' a simplement pas de sens. Alors que nous n' espérions plus rien notre rencontre fut notre mutuelle résurrection. C' est alors que j' ai écrit ce poème que j' ai voulu le plus beau pour l' offrir à celui qui m' a redonné la vie comme un cadeau du ciel. Dix années ont passé comme un jour. Nous ne nous y étions pas trompés.
Tu déchires. Tu ouvres. Tu regardes. Le cadeau est: La vie du ciel !
Ô S' y endorment au bois, blanches les anémones Dont jaillissent des parfums presque absents, Échos du chœur des immortelles Or Voiles de deuil d'œillets sanglants.
***
Vois Ce que la vie te donne : Le ciel entre tes doigts ! Tu ne t' y attendais pas, Tu ne t' y attendais pas ... Le diable et le bon dieu ont des accords subtils
Scellés par la fraise des bois . ***
Bois Sur ta langue Une eau en ses délices Au calice rédempteur de ma peau Où tu vas, haletant sans trêve, Enivré de science et de patient travail Pour parvenir au cœur ; Y être. Tu saisis la pierre dont l' éclat sourd. ***
Sois ! La vie est un cadeau du ciel
Les Amis InconnusAu travers de ce beau poème de Jules Supervielle,
voici un petit signe de connivence à l'adresse de nos "Amis inconnus"...
Qu'ils ne se reconnaissent pas en tout au "mal que nous leur fîmes" !
" Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux."
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